lundi 20 septembre 2010

Exposition d'estampes québécoises à BAnQ - L'estampe: un art qui reprend ses droits

Égyptienne 3, de Francine Simonin (1994, bois gravé).
Photo : Collections de BAnQ
Égyptienne 3, de Francine Simonin (1994, bois gravé).
Ils élaborent d'abord leur oeuvre, conçue à l'envers, sur une matrice. Puis, ils sont libres de tout ajouter, tout retrancher. Les artistes de l'estampe du Québec sont au coeur d'une importante exposition qui prend l'affiche le 11 mai à la Grande Bibliothèque et au Centre d'archives de Montréal, rue Viger. On y retrouve quelque 200 oeuvres, de 88 artistes.

En principe, on a regroupé ici des estampes réalisées à partir de 1980, à l'exception d'une petite introduction consacrée aux années 1960, un âge d'or de l'estampe au Québec selon le commissaire de l'exposition, Gilles Dagenais.

Déjà à cette époque, précise-t-il, commençaient à pointer toutes les audaces qui ont explosé dans les estampes au cours des années suivantes, bas-reliefs, éclatement des cadres, etc. On y trouve du Betty Goodwin, du Yves Gaucher, du Albert Dumouchel.

Aujourd'hui, l'estampe prend comme nous tous le virage numérique, et dans bien des cas la matrice elle-même n'est plus que virtuelle. La salle de la Grande Bibliothèque consacrée à l'exposition a été divisée en quatre secteurs. Le premier, on l'a dit, est consacré aux années 1960, le deuxième réunit des habitués de l'estampe, on y voit de très belles oeuvres de Francine Simonin, de Marc Séguin ou de Louis-Pierre Bougie, le troisième est consacré aux intermittents, ces artistes parfois multidisciplinaires qui sont passés par l'estampe pour y laisser parfois des oeuvres mémorables. On y trouve entre autres une Françoise Sullivan, une Guido Molinari, une Geneviève Cadieux. Puis viennent les grands formats, Jean-Paul Riopelle, Françoise Lavoie, et enfin cette très belle pièce de Carol Bernier, Un morceau de Saturne, une eau-forte rehaussée réalisée sur la plus grande plaque possible.

Les amateurs se déplaceront au Centre d'archives de la rue Viger pour visiter la suite de l'exposition, où l'on retrouvera l'estampe numérique et des estampes faisant grand usage de la photographie. Là encore, l'exposition a regroupé les artistes sous différentes catégoriques. On y trouve donc les branchés, parmi lesquels Jacques Hurtubise, Raymonde April ou Louise Delorme, les atypiques, par leurs matériaux ou leur démarche, parmi lesquels se trouvent notamment Betty Goodwin et Lucie Robert. Un coin de l'exposition est enfin réservé aux livres d'artistes, avec notamment Océania, d'Irene F. Whittome, ou encore cette oeuvre de Louise Masson, Neuf vues, Amour, Calligraphie, Couple, Femme debout, Femme couchée, Jeu, Poème, Rencontre, Solitude, un bois gravé de 2003.

Le commissaire, Gilles Dagenais, a tenu à nommer cette exposition sous le titre Ces artistes qui impriment parce que les artistes qui font de l'estampe font souvent aussi de la peinture ou de la sculpture, par exemple. Mal aimée, considérée souvent à tort, peut-être à cause de ses exigences techniques, comme un artisanat plutôt qu'un art, l'estampe reprend ici, à juste titre, ses lettres de noblesse.

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Correctif du 10 mai 2010: C'est bien Gilles Daigneault qui est le commissaire de l'exposition «Ces artistes qui impriment. Un regard sur l'estampe au Québec depuis 1980» présentée à la Grande bibliothèque. Il est aussi l'auteur de l'imposant catalogue de cette exposition.

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